INTERVIEW FREDERIC MEYRIEU

 

"Ici à Toulon, il y avait l'amour du maillot."


Il y a des joueurs  difficilement dissociables de leur club, de leur public. Il y a des joueurs qui ont cette  capacité à faire lever les spectateurs de leurs sièges à chaque action dangereuse, cette capacité à faire gronder tout un stade à chaque contact litigieux, cette capacité à faire que chacun dans les tribunes se retrouvent en lui, à chaque injustice perçue ou subie. Des joueurs capables aussi de faire chavirer un Mayol ivre de joie après un but inscrit face à l'ennemi de toujours.

Mais finalement. il y a très peu de joueurs comme lui qui soit capable d'être tout simplement Toulonnais dans l'âme, dans l'envie et dans l'abnégation! Aujourd'hui, c'est forcément Fred Meyrieu que nous avons rencontré.


FRÉDÉRIC, POURQUOI AVOIR CHOISI LE SPORTING ? 

C'est plutôt le sporting qui m'a choisi. Soit je pouvais être un  remplaçant de confort avec l'om, avec un doublé en 88/89, soit je pouvais jouer en ligue 1, et c'est Rolland Courbis qui m'a fait venir et le fait de venir allait me donner du temps de jeu. Mais c'était aussi à double tranchant, car venir à Toulon était un sacré challenge, pas facile de s'imposer dans sa ville.


QUEL JOUEUR DU SPORTING T'A LE PLUS MARQUÉ ?

Il en y eu 3. Tout d'abord, Thierry Rabat! Un gars de Toulon, comme moi. Formé au racing, comme moi et son frère Didier. C'était, et c'est un ami. Le seul capable de rigoler sur un match de ligue 1.

Il y a eu aussi Léo Rodriguez. Il est arrivé à Toulon dans un contexte particulier, avec peu de temps de jeu à l'om. Rolland l'a récupéré et c'est ici qu'il s'est rendu compte de ce que c'était la ligue 1. Surtout à Toulon: chaud, bouillant, rugueux... et malgré çà, il s'est imposé!

Enfin, il y a eu Kombouaré: j'ai toujours été surpris qu'il pose ses valises chez nous, à Toulon!


UN SOUVENIR, UNE ANECDOTE SUR TON PASSAGE A TOULON ? 

Le dernier match de ligue 1 à Toulon contre Monaco. On perd 3/0 à la mi-temps. On demande au coach de nous laisser entre nous dans le vestiaire .On sait que c'est le dernier match car, çà fait des mois que l'on n'est pas payé. On éteint les lumières et on met les choses au point. Tout vole dans le vestiaire, dans le noir. On met les choses à plat et on revient à 3 partout. Puis Thierry Rabat coupe Klismann en deux dans la surface et me dit " je te l'avais dit que je le ferais". On perd 4/3 avec un pénalty de Djorkaeff.


UN MATCH EN PARTICULIER ? 

Bien sûr, les matchs contre l'om. Surtout que j'arrivais de Marseille et ici à Toulon, il y avait  l'amour du maillot. Le derby où je marque contre Olmeta et où l'on gagne deux fois 1/0. Et à Marseille où Dédé Blanc marque et où l'on gagne aussi!

J'en ai joué des derbys, avec Metz contre Nancy, avec Lens contre Lille, mais il n'y avait pas d'équivalent, de comparaison à l'époque avec les Toulon - Marseille. Y'avait de la casse sur le terrain et dans les tribunes... Chaud entre joueurs, chaud entre supporters et chaud dans la ville. Çà commençait longtemps à l'avance dans la presse, dans la rue avec les gens qui t'alpaguait, et puis dans les tribunes le jour du match.

Toulon est une ville de rugby, mais aussi de foot, et çà, il ne faut pas l'oublier.


EN QUELQUES MOTS , SI TU DEVAIS RÉSUMER TON AVENTURE TOULONNAISE?

C'est du 50/50. C'est autant positif que négatif. Sportivement on a eu des joueurs d'exception, et on a réussi à se maintenir. Financièrement, on n'était pas payés pendant 5,6 ou 7 mois. Il fallait être costaud dans la tête pour jouer au foot.


QUE DEVIENS-TU ? 

Je suis adjoint au maire du Revest. Et j'ai "repris" les jeunes du racing. J'ai aussi une émission mensuelle sur l'om tv. Et le paradoxe, c'est que l'on se retrouve quelquefois à 4/5 anciens toulonnais autour de la table. C'est rigolo, on se croirait chez nous,  à Toulon !


FRÉDÉRIC ET LE SPORTING : 

Milieu.

1990/1991: 31 matchs. 2 buts.

1991/1992: 37 matchs. 5 buts.

1992/1993: 33 matchs. 7 buts.