INTERVIEW LOUIS POGGI

 


"C'est un peuple identitaire qui demande que l'on se batte pour leur maillot".


Il a de tout temps existé une filière entre l'Île de Beauté et Toulon. Entre la Corse et le Sporting. Une filiation, diront même certains.

Sûrement parce que les appartenances à une terre, à une ville, à une mentalité, à une "identité" sont plus fortes qu'ailleurs et sont un dénominateur commun entre ici et là-bas. 

Notre invité d'aujourd'hui n'a pas échappé à cette filière et aura, tout naturellement, su donner ce que ce peuple ressent au plus profond de lui-même.

Vaillant, valeureux, combattant, il aura vite su s'attirer les faveurs de Bon Rencontre et il n'aura laissé que de bons souvenirs sur les bords de la rade.

Aujourd'hui, c'est avec Louis Poggi que le musée vous propose de passer un moment.


LOUIS, POURQUOI AVOIR CHOISI LE SPORTING ?

En fait, ça a été un concours de circonstances. J'étais au Gazélec et ça s'est mal passé en fin de saison. Le directeur sportif à Toulon était André Di Scala et il m'a contacté, et ça s'est fait comme ça. Rapidement et simplement.

Et j'arrive en National 1 avec Jean-Louis Garcia comme entraîneur.


QUEL JOUEUR DU SPORTING T'A LE PLUS MARQUÉ ? 

Je ne connaissais pas grand monde, je sortais de deux ou trois ans en National 1 avec le GFCA, mais je connaissais de nom David Andréani, Mej Zemzemi, etc.

Celui que je connaissais le plus, et c'est un ami encore aujourd'hui, c'est Franck Luccini et aussi celui avec qui je travaille aujourd'hui : Jérôme Le Moigne.

Après, je ne connaissais pas de nom les autres joueurs, mais c'est un groupe qui m'a assez impressionné pour m'intégrer. C'était sympa et familial, un groupe ouvert. 

Et plus que d'individualités, je parlerais d'un groupe.


UN SOUVENIR, UNE ANECDOTE SUR TON PASSAGE À TOULON ?

Moi, j'étais jeune et c'est la façon dont ce groupe m'a intégré. J'étais jeune, j'avais 23 ans et ils m'ont emmené faire le tour de Toulon et des environs. J'ai passé tellement de bons moments là-bas avec ces gens-là. En plus, il y avait beaucoup d'insulaires à Toulon.

Et en plus, sportivement, ça se passe bien la première année. On rate la montée de pas grand-chose et on fait un beau parcours en Coupe de France.

La déception, c'est surtout la deuxième saison. On redescend en CFA alors que l'équipe était armée pour jouer les premiers rôles, mais la mayonnaise n'a pas très bien pris.

Sûrement une différence de jeu, d'approche, d'identité. C'est vraiment une déception au niveau personnel de ne pas avoir pu connaître la Ligue 2 dans ce club-là. S'il y a un regret à avoir, c'est celui-là.


UN MATCH EN PARTICULIER ?

Mon premier match avec le Sporting et en plus à domicile, contre le Gazélec. C'est le club que je quittais et que l'on a battu. Le buteur était Jérôme Le Moigne.

C'est un moment particulier.


EN QUELQUES MOTS, SI TU DEVAIS RÉSUMER TON AVENTURE À TOULON :

Ce sont des souvenirs différents : 

Une année où tout s'est bien passé sportivement et personnellement.

Et une deuxième saison de frustration où l'on fait 10 matchs quasiment sans défaites et l'on joue les premières places et on s'effondre sur les 20 autres matchs.

C'est une aventure en dents de scie qui résume le mieux.

Toulon, c'est un peu comme ici : c'est un monde d'amoureux de football et de leur club, qui a le pouvoir de pousser ses joueurs.

Moi, je suis un soldat, je ne suis pas le plus grand des footballeurs, mais les gens de Toulon aiment les soldats, aiment l'état d'esprit et aiment le respect de la ville pour laquelle on joue. C'est comme cela que je me souviens de Bon Rencontre.

C'est un public qui ressemble au public corse, dans la volonté, dans la bataille, dans le don de soi.

À quelque chose près, il préfère un tacle qu'un but.

C'est un peuple identitaire qui demande que l'on se batte pour leur maillot, tout simplement.

Et autant le Gazélec que le Sporting, si on n'arrive pas à inculquer ça aux joueurs et aux équipes de jeunes, on n'y arrivera pas.


QUE DEVIENS-TU ?

Professionnellement, j'ai quelques petites affaires et je vis tranquillement. Mais je me suis pris de passion pour ce que je suis devenu, à savoir président du Gazélec d'Ajaccio, et j'essaie de faire avancer le club doucement.

Il faut se structurer. On a nos équipes de U17 et U19 en nationaux. Si on ne forme pas, on n'a pas les moyens de recruter. À nous de faire progresser nos gamins et de les faire avancer au club.


LOUIS ET LE SPORTING :

Milieu de Terrain.

2005 / 2006 : 27 matchs.

2006 / 2007 : 35 matchs.